Joan

J’ avais quinze ans, c’était en 1968…
Je voulais que des fleurs naissent à chaque instant,
j’ avais peur, je cherchais des compagnons pour descendre dans la rue…
« Campanades », « Vergès », « Fé no es esperar »,
« Ara i aqui », « Vida », « Astres »…
J’ai voté Mitterrand les yeux fermés et il a fallu me
boucher les oreilles,
je me cherchais dans le vent, les nuages sont partis,
le brouillard m’est resté.
C’est moi qui ai dû annoncer la mort d’Ovidi Montllor à
Laura pendant l’entracte d’un concert à Toulouse
(salle Nougaro).
J’en ai encore les larmes aux yeux…
À un autre concert (à la Halle aux Grains), il y avait dans
ma tête la musique du « cant dels ocells » : Lluís l’a chanté.
Une osmose. Je ne savais pas qu’il l’avait adapté.
J’ai encore pleuré.
J’ai partagé Lluís avec des femmes pendant 30 ans.
Je me demande si c’est bien raisonnable de vivre
maintenant avec une femme qui ne le connaît pas.
Et qui ne pourra pas le voir sur scène.
Il aura fallu qu’il fasse un dernier concert pour que j’en ai
des images…
Llastima.

Joan

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