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ABRIL 74

A FORCA DE NITS

AMOR PARTICULAR

A LA TAVERNA DEL MAR

BRESSOLS DE TOTS ELS BLAUS

CAMPANADES A MORTS


CANT DE L'ENYOR

CANCO A MAHALTA

CANCO D'AMOR

COM UN ARBRE NU

EL JORN DELS MISERABLES

ELS MEUS ULLS AQUI

ESCRIU ME AVIAT

ET DEIXO UN PONT DE MAR BLAVA

FINS QUAN I PER QUI

I AMB EL SOMRIURE
LA REVOLTA


I SI CANTO TRIST

ITACA

LA GALLINETA

LA JOIA

LAURA

L'ESTACA

MAREMAR

PAIS PETIT

PORRERA

POTSER EL DESIG

QUE TINGUEM SORT

SI ARRIBEU

TINC UN CLAVELL PER A TU

TOSSUDAMENT ALCATS

UNA FINESTRA AL MAR

UN NUVOL BLANC

VAIXELL DE GRECIA

VIDA

VENIM DEL NORD...

 

Llach, La revolta permanent

Salvador Puig Antich

 
Perlimpinpin - Fins quan i per qui

 

Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence.

Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes.
Je suis pour les forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.

Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c'est abominable d'avoir pour ennemis
Les rires de l'enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c'est bien !
Et pour une rose entr'ouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d'abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Mais tout donner avec ivresse
Et riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour au murs gris
Où l'aube n'a jamais sa chance.
Contre qui, comment, contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles.
Contre personne et contre rien,
Contre personne et contre rien,
Mais pour toutes les fleurs ouvertes,
Mais pour une respiration,
Mais pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne !

Et vivre passionnément,
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour aux murs gris
Où l'aube aurait enfin sa chance,
Vivre,
Vivre
Avec tendresse,
Vivre
Et donner
Avec ivresse !

 

 

 

 

Chanson de Barbara

Traduction en catalan et arrangements Lluis Llach


 

 


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