À la Taverne de la Mer un vieil homme
aux cheveux blanc est assis ,
la tête penchée sur un journal étalé devant lui,
car personne ne lui tient compagnie.
Il sent tout le mépris des regards sur son corps,
il sent que le temps a passé sur lui sans aucun plaisir,
et qu'il ne peut plus offrir l'ancienne fraîcheur de sa beauté enfuie.
Il est vieux, il ne le sait que trop, il est vieux,
il ne le voit que trop, il est vieux,
il ne le ressent que trop à chaque fois qu'il pleure,
il est vieux, et il a le temps, trop de temps pour le voir.
C'était, c'était quand, c'était hier, encore.
Et il se souvient du "bon sens", ce menteur !
et comment ce fameux "bon sens" lui a préparé
cet enfer
lorsqu'à chaque désir il répondait
"Demain, demain il sera temps encore".
Et il se souvient du plaisir retenu,
de chaque aube de jouissance refusée,
de chaque instant perdu
qui se rit maintenant de son corps labouré par les ans.
À la Taverne de la mer
un vieil homme est assis
qui, à force de penser, à force de rêver,
sur la table, s'est endormi …
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